LE TRÉSOR D’ORFÈVRERIE

Le Trésor de Conques est l'un des 5 grands trésors européens d'orfèvrerie médiévale et le seul en France, qui regroupe autant d'objets du Haut Moyen Âge.

Le Trésor est ouvert tous les jours y compris le dimanche (fermé le 25 décembre et le 1er janvier)

- Du 1er avril au 30 septembre : de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h30

- Du 1er octobre au 31 mars : de 10h à 12h et de 14h à 18h.

Il est situé dans l’aile sud du cloître.

Composé d'un grand nombre de reliquaires, au premier rang desquels la très célèbre Majesté de sainte Foy, seul exemplaire conservé des statues-reliquaires conçues aux environs de l'an mil, le Trésor de Conques est l'un des cinq grands trésors européens d'orfèvrerie médiévale et le seul en France, qui regroupe autant d'objets du Haut Moyen Âge.

Tarif/personne 2018 : Billet jumelé avec le musée Joseph-Fau
6,50€ adulte ; 4,50€ réduit (groupe, ticket de visite guidée de Conques, étudiant, pèlerin, demandeur d'emploi, famille nombreuse, avec pièce justificative ; ticket plein tarif des musées Soulages de Rodez et Fabre de Montpellier) ; 2,50€ enfant (7 à 16 ans) ; gratuit (enfant de moins de 7 ans ; personne non-voyante)

Journées européennes du patrimoine 2018 (15 et 16 septembre) : Tarif réduit (public adulte), gratuit pour les moins de 18 ans et le public en situation de handicap.

Accessibilité : ascenseur. Livret tactile pour déficients visuels.

LE culte des reliques

Le Trésor renvoie au culte et à la dévotion des reliques, ces précieux corps saints à l'origine du développement et de la prospérité d'une abbaye médiévale. Chaque sanctuaire pouvait alors accueillir la foule des pèlerins qui, dans une ferveur partagée, espérait obtenir les bienfaits sur terre et la récompense céleste. Permanence et continuité du phénomène : de nos jours encore, le Trésor conserve en partie cette fonction.

Le mot Trésor n'évoque pas seulement la richesse matérielle et artistique des revêtements d'or et d'argent doré, ornés de filigranes, de pierres gravées antiques, de pierres taillées, de perles ou d'émaux. Il témoigne surtout de l'importance religieuse accordée au contenu de ces coffrets de bois précieusement décorés.

 

Un Trésor miraculeusement préservé

Au cours de la Révolution française, le Trésor de Conques aurait pu, comme la plupart des autres trésors d'église, être confisqué et ses différentes pièces fondues. Il fallait, en effet, de l'argent pour mener la guerre et sauver la « patrie en danger ». C'est grâce au courage et à la ruse des habitants, qui cachèrent, à la fin de l’année 1793, les reliquaires dans leurs maisons et leurs jardins, puis qui les restituèrent, que fut préservé cet inestimable patrimoine.

Un Trésor toujours affecté au culte

Toujours affectés au culte, même s'ils sont devenus propriété de la commune de Conques en 1905, ces objets participent régulièrement à la liturgie catholique. En effet, la Majesté de sainte Foy et la croix de procession sont, de nos jours encore, portées en procession à l’occasion de la fête de sainte Foy, en octobre.

Ces pièces d’orfèvrerie ne sont pas devenues des pièces de musée, même si leur classement parmi les Monuments historiques, dès 1895, met en évidence pour tous les citoyens, leur haute valeur patrimoniale.

Conservé dans l'abbatiale jusqu'en 1875, le Trésor est installé en 1911 dans l'actuel local construit pour l'abriter, sur l'emplacement de l'aile sud du cloître. Sa présentation est totalement repensée en 1953-1955.

La rénovation de 2002 a respecté l'organisation générale des six armoires vitrées qui matérialisent l'histoire de l'abbaye, en regroupant les objets de façon chronologique et thématique.

Lire + Lire -

La Majesté de sainte Foy    

La Majesté de sainte Foy, assise sur un trône et couronnée, est présentée dans une rotonde qui rappelle l'abside d'une église ou une sorte de « salle du trône ».

Cette œuvre, datée des IXᵉ et Xᵉ siècles, d'un intérêt historique et artistique exceptionnel, abrite une insigne relique : le sommet du crâne de sainte Foy, une jeune chrétienne agenaise martyrisée en 303 et dont les ossements firent l'objet d'une « translation furtive » jusqu'à Conques en 866.

Une statue reliquaire…

Statue étonnante en tous points (ancienneté, fabrication, stylistique, symbolique…), la plastique de la Majesté de sainte Foy surprend : le corps disproportionné (tête, bras et pieds importants), l'expression forte et hautaine du visage (grands yeux de verre bleu foncé, menton relevé), la rutilance de l'or, des pierreries et des émaux donnent un sentiment d'étrangeté qui a souvent conduit à qualifier d'idole ce reliquaire, qui est en réalité une icône. Sainte Foy intercède pour les pèlerins qui la prient.

… revêtue d’or, d’argent et de pierres précieuses

Grossièrement taillée dans du bois d'if, la statue s'arrête au cou, simple cylindre sur lequel s'ajuste la tête creuse en or, découpée sur un buste antique (IVᵉ-Vᵉ siècle).

Le revêtement d'or estampé de fleurettes (IXᵉ siècle) a été embelli pendant des siècles de compositions d'orfèvrerie ; les plus anciennes sont les bandes aux bords du col, des manches et des bas de la robe (Xᵉ siècle) ; elles comportent nombre d'intailles antiques à motifs païens. La couronne est ornée d'émaux cloisonnés sur or (Xᵉ siècle). Le trône d'argent doré porte les mêmes bandes orfévrées préromanes, mais les boules en cristal de roche sont gothiques. Les bras et les mains ont été refaits au XVIᵉ siècle, et l'on ignore le geste qu'ils faisaient à l'origine.

A dit « de Charlemagne »

Selon la tradition, Charlemagne, fondateur d'une vingtaine d'abbayes, aurait envoyé à chacune d'elles un reliquaire adoptant la forme des lettres de l'alphabet. Le A fut affecté à Conques, le « premier de ces monastères ».

Cette pièce d'orfèvrerie, en fait, date de l'abbatiat de Bégon III (1087-1107) ainsi que l'atteste une inscription latine sur la tranche d'un jambage. Par cette réalisation, ce prélat aurait donc contribué à rappeler une tradition ancienne.

On peut admirer, au revers, un magnifique bijou composé de filigranes et de chatons filigranés et émaillés, disposés en cercle autour d'une intaille sur cornaline représentant une Victoire ailée écrivant sur un bouclier. 

 

Châsse dite « de Pépin »

Remanié à plusieurs reprises, ce petit reliquaire rassemble des éléments du IXᵉ au XIᵉ siècle, avec des additions faites aux XIIᵉ, XIIIᵉ et XVIᵉ siècles.

Parmi les vestiges les plus précieux, on doit noter les émaux translucides, rouges ou verts sur fond d'or (plaquettes arrondies, à la face ou au revers) d'époque carolingienne ; d'autres émaux, bleus, blancs et rouges, aux ailes des oiseaux, au revers, sont opaques et cloisonnés ; on les date du XIᵉ siècle.

L'abondance des filigranes et le montage de bandes gemmées sur des arcatures, ainsi que le réemploi d'une intaille sur cornaline représentant Apollon, au revers, doivent être remarqués.

Les  autels portatifs

Les autels portatifs sont des pièces consacrées permettant de célébrer la liturgie, hors du lieu de culte habituel.

Autel portatif de Bégon

Une longue inscription gravée sur l'argent et rehaussée de nielle, posée sur la plaque de porphyre, indique la date précise (26 juin 1100) à laquelle Pons, évêque de Barbastro (Espagne) a fait don de cet autel à l'abbé Bégon III ; des reliques de la croix du Christ et de son tombeau y ont été déposées.

Sur les côtés, sont gravés en buste, le Christ, la Vierge, sainte Foy et dix-neuf autres saints, apôtres, évangélistes ou premiers martyrs. 

Autel portatif de sainte Foy

Cet objet ne porte pas le nom de Bégon, mais il est, depuis toujours, attribué à son atelier (vers 1100).
Il s'agit très probablement du plat de l'évangéliaire que Bégon III avait fait faire pour Conques, transformé tardivement en autel portatif (plaque d'albâtre et bande d'orfèvrerie au repoussé, du XIVᵉ siècle).

Il est orné de dix figures en médaillons d'émail cloisonné sur cuivre, selon une technique originale et nouvelle de découpe des plaques placées l'une sur l'autre ; le style des visages et des nimbes est très proche de l'art aquitain du XIᵉ siècle.

Lire + Lire -

« Lanterne » de Bégon

L'inscription latine en grandes lettres, visible à la base du toit de ce petit édifice, qui n’est pas, à proprement parler, une lanterne, cite l'abbé Bégon III, comme commanditaire de l'œuvre.

En forme de tombeau antique, ce reliquaire est décoré de médaillons légendés qui exaltent le triomphe du Christ sur le Mal et la Mort. Le plus beau est celui de Samson vainqueur du lion. Il est aussi plus récent (2ᵉ moitié du XIIᵉ siècle).

Reliquaire du pape Pascal II

 

L'inscription de la base indique à la fois le commanditaire - l'abbé Bégon III -  et le donateur des reliques du Christ et des saints, le pape Pascal II qui les a envoyées de Rome en 1100.

Abstraction faite des éléments d'époques diverses, la belle scène de la Crucifixion atteste le haut niveau artistique atteint par l'atelier d'orfèvrerie de Conques. 

 

COFFRE RELIQUAIRE, DIT DE « L’ABBÉ BONIFACE »

Un reliquaire redécouvert fortuitement en 1875

Découvert en 1875 au cours de la démolition du mur édifié, à la fin du XVIᵉ siècle, entre les colonnes du rond-point du chœur de l'abbatiale, il fut restauré en 1878 par l'orfèvre Poussielgue-Rusand qui refit certains médaillons manquants.

Une référence en matière d’émaillerie champlevée

En bois recouvert de cuir clouté d'argent, orné de trente et un médaillons d'émail, il est daté de l'abbatiat de Boniface (vers 1110-1130) par une inscription gravée sur la tranche d'un médaillon et contient de nombreux ossements du corps de sainte Foy.

Le décor de griffons et d'oiseaux est tout à fait remarquable, ainsi que la technique employée, celle de l'émail champlevé sur cuivre doré.

Cette œuvre est de toute première importance pour l'histoire de l'émaillerie médiévale, permettant de dater et de localiser le passage de la technique du cloisonné au champlevé.

 

Lire + Lire -

… et tant d’autres précieuses pièces d’orfèvrerie

  • Reliquaire hexagonal

    Il regroupe des éléments d'époques différentes (VIIᵉ-XIIᵉ siècle).

    On remarque des rectangles d'orfèvrerie cloisonnée mérovingienne, aux côtés du bijou central bordé d'un cercle cloisonné de la même époque ; tout autour, les plaques d'argent niellé sont datées de la fin du VIIIe ou du début du IXᵉ siècle. La bordure inférieure à gros cabochons est datée de la fin du IXᵉ siècle.

  • Reliquaire pentagonal

    De composition tardive (XVIᵉ siècle), il est constitué de fragments d'orfèvrerie d'époques diverses (VIIᵉ- XIIIᵉ siècle). Les éléments les plus anciens sont la plaque cloisonnée (VIIᵉ siècle) et les morceaux d'argent doré, avec des rinceaux au repoussé qui l'entourent (IXᵉ siècle). 

  • Vierge à l'Enfant trônant

    Sur les épaules de la Vierge, des écussons émaillés portent des armoiries seigneuriales non encore identifiées.
    On distingue, dans le pli des vêtements, un poinçon d'orfèvre (fin du XIIIᵉ siècle). 

     

  • Triptyque-reliquaire

    Tableau de la deuxième moitié du XIIIᵉ siècle, avec de nombreuses logettes destinées à contenir des reliques et accompagnées de l'inscription des noms des saints.  On remarque notamment celui de saint Jacques, au sommet du panneau central.

  • Bras-reliquaire de saint Georges

    Ce saint Georges est un moine de Conques, devenu évêque de Lodève en 877. La main bénit à la façon occidentale. Le Christ en croix, au bas de la manche est déjà dessiné dans le style gothique (fin du XIIIᵉ siècle - début du XIVᵉ siècle). 

  • Statuette de sainte Foy

    Recouverte en argent en partie doré, cette œuvre porte le poinçon de l'orfèvre rouergat Pierre Frechrieu et celui de la ville de Villefranche-de-Rouergue. Ce reliquaire a été exécuté en 1493-1494. L'iconographie rappelle le martyre de la sainte : la palme, signe des élus de Dieu, le gril et le glaive, instruments de sa Passion.

     

  • Livre des miracles de sainte Foy

    Ce manuscrit sur parchemin du XIᵉ siècle, en partie composé par Bernard, maître de l'école-cathédrale d'Angers au retour de son voyage à Conques vers 1013, décrit l'église préromane, la Majesté - vénérée comme une icône - et d'autres reliquaires. Il relate les nombreux miracles liés au culte des corps saints. 

 

 

Le Trésor abrite d'autres œuvres, d'un intérêt artistique moindre mais d'une importance réelle pour l'histoire de Conques, après l'époque des splendeurs romanes : bustes-reliquaires, croix de cuivre découpée, encensoirs, boîte à hostie en cuivre, burettes et chrémières en étain, plaque de plomb, matrice de sceau, manuscrits, etc.

 

 

Le musée Joseph-Fau

Aménagé dans une demeure ancienne, face à la fontaine du Plô, en contrebas de la place de l'église, ce musée abrite sur plusieurs niveaux, une riche collection lapidaire (chapiteaux, statuaire...) et des objets d'art en provenance de l'abbaye ou de l'église abbatiale.

Un seul et même billet permet l’accès au Trésor d’orfèvrerie et au musée Fau, ouverts aux mêmes horaires.

Au rez-de-chaussée

Le visiteur découvrira notamment des statues en bois peint et doré (XVᵉ - XVIIᵉ siècle) d'une grande qualité d'exécution : Annonciation, Vierges à l'Enfant, Christ provenant d'une Mise au tombeau, saint Dominique, saint Marcel... ; un lutrin de chœur (XVIIᵉ siècle), un tableau représentant saint Roch réalisé en 1843 par le peintre ruthénois Delmas (l'intérêt de cette toile réside dans la représentation, en fond de scène, de l'abbatiale Sainte-Foy dépourvue de ses deux tours de façade), etc.

Au premier étage

Dans les différentes salles, sont rassemblés essentiellement des éléments de mobilier ou de décoration, datés des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles : grande armoire à chasubles avec son décor exotique sculpté sur les portes, boiserie de cheminée accompagnée de toiles peintes, coffre, table, lit à baldaquin constitué d'éléments provenant d'anciens retables (à noter sur l'un des panneaux, daté de 1644, le nom du maître menuisier de Conques, Guillaume Chirac).

Les pièces majeures sont les sept tapisseries confectionnées, peu avant 1634, dans les manufactures de Felletin (Haute-Marche). Elles représentent la vie de Marie-Madeleine et décoraient, à l'origine, la salle capitulaire de l'abbaye.

Au sous-sol

Dans une pièce du sous-sol, ont été rassemblé l'ancien dallage roman de l'abbatiale qui se caractérisait par des incrustations de marbre et de porphyre, des chapiteaux et des tailloirs romans (XIᵉ-XIIᵉ siècles) provenant de l'ancien cloître, des fragments de chancel plus anciens appartenant à l'église du Xᵉ siècle, des inscriptions lapidaires...

Lire + Lire -