LE TYMPAN DU JUGEMENT DERNIER

 

 

Nouveauté 2018 - Tous les soirs en saison

Les NOCTURNES DE CONQUES

Une experience visuelle et artistique unique

 

21h : Présentation du tympan par fr. Jean-Daniel (sauf si Grand concert dans l'abbatiale à 21h)

21h30 : Visite des tribunes en lumière et en musique 

Découvrez l'étage de l'église au plus près des chapiteaux romans et des vitraux de Pierre Soulages, au son de l'orgue Puget (accès réservé aux plus de 12 ans, 6€)

22h15 : Mise en lumière et Polychromie du tympan

En nocturne, la révélation progressive des couleurs offre une lecture revisitée du tympan du XIIe siècle et de ses 124 personnages sculptés. Composant la scène du Jugement dernier, représentants de la Cour céleste, anges, élus et autres démons reprennent vie.

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Au portail occidental de l'abbatiale de Conques, une profonde voussure en plein cintre abrite le tympan du Jugement dernier, l'une des œuvres majeures de la sculpture romane de la première moitié du XIIe siècle.

Il a vraisemblablement été réalisé sous l'abbatiat de Boniface, à la tête du monastère de 1107 à 1125, par un sculpteur qui avait sans doute déjà oeuvré à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Large de 6,70 mètres pour une hauteur de 3,60 mètres, il n'abrite pas moins de cent vingt-quatre personnages dans un état de conservation tout à fait remarquable.

LE JUGEMENT DERNIER 

Pour le visiteur qui débouche sur le parvis, le tympan, à 3,50 mètres du sol reste étonnamment lisible malgré le foisonnement des personnages et la diversité des scènes. Tout, en effet s'ordonne autour de la figure centrale du Christ vers lequel le regard se trouve irrésistiblement attiré. À sa gauche, « l'enfer est comme l'image négative du paradis (à sa droite), un anti-ciel. Dans un cas tout est ordre, clarté, paix, contemplation et amour; dans l'autre, violence, agitation convulsive, effroi » (Marcel Durliat).

Composition générale

La composition générale est d'une grande simplicité : le vaste demi-cercle du tympan comprend trois registres superposés que séparent des bandeaux réservés aux inscriptions gravées. Pour meubler ces registres, l'artiste les a divisés en une série de compartiments correspondant aux panneaux de calcaire jaune - au nombre d'une vingtaine - qu'il avait sculptés au sol avant de les assembler, comme dans un puzzle géant. Ce découpage, facile à discerner, a été réalisé habilement et de telle façon qu'un joint ne vienne jamais recouper un personnage ou une scène.

Pesée des âmes

Sous la figure du Christ, on aperçoit la scène de la pesée des âmes, opposant l'archange saint Michel et un démon à l'air narquois, se défiant mutuellement du regard, de chaque côté de la balance. En dépit de la tricherie du démon qui appuie son index sur le plateau, la pesée se fait en faveur des bonnes actions. À gauche, la résurrection des corps se déroule dans la pierre comme sur un écran, une séquence filmée : avec l'aide des anges venus soulever les couvercles, les morts se dressent les uns après les autres, hors de leur sarcophage.

Evangile de saint Matthieu

La source principale d'inspiration du Jugement dernier a été l'évangile de saint Matthieu. L'artiste a voulu fixer dans la pierre l'instant dramatique où le Christ prononcera les paroles gravées sur les petites banderoles que deux anges déroulent de part et d'autre de sa tête : « Alors il dira à ceux qui seront à sa droite : venez les bénis de mon Père, possédez le royaume préparé pour vous. Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche : éloignez-vous de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable... Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle. »

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LE CHRIST JUGE ET SES ANGES

Le Christ Juge

Par ses deux gestes contrastés (bras droit levé pour accueillir les élus et bras gauche baissé pour désigner l’enfer aux réprouvés), le Christ paraît orchestrer le spectacle grandiose qui se joue depuis plus de neuf siècles au-dessus du parvis de l'abbatiale. Le Christ trône dans une gloire en amande parsemée d'étoiles, parmi les nuées représentées par cinq rangées de petits festons.

Le visage allongé, exprimant toute la gravité du Souverain-Juge, apparaît plus beau encore vu de profil. Ses vêtements - tunique et manteau - sont échancrés sur le flanc pour laisser voir la plaie du coup de lance, sans doute peinte à l'origine.

Les anges

Le Christ paraît « entouré de tous ses anges ». À sa gauche, l'un balance un encensoir finement ciselé, l'autre présente le Livre de Vie, grand ouvert. Deux anges-chevaliers, armés de l'épée et de la lance ont reçu pour mission de contenir la foule grouillante des démons et des damnés aux frontières de l'enfer.

Aux pieds du Christ, émergeant d'un nuage, deux anges portent des flambeaux puisqu'il est dit, au jour du Jugement dernier : « La lune s'obscurcira, le soleil ne brillera plus ». Sans nul doute, de toutes ces créatures célestes, les plus belles sont les sonneurs de cor qui garnissent les deux écoinçons du registre supérieur.

Enfin, l'immense croix au-dessus du Christ, portée par deux anges qui tiennent en même temps l'un le clou, l'autre le fer de lance, vient amplifier l'évocation de la Passion.

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LE PARADIS

Le peuple des élus

Le peuple des élus est en marche vers la droite du Christ, sous la conduite de la Vierge, elle-même suivie de saint Pierre tenant la clef du paradis. Derrière eux, les autres personnages sont dépourvus de nimbe.

Il ne s'agit plus de saints, en effet, car le « maître du tympan » eut l'audace d'insérer dans cette procession triomphale les figures marquantes de l'histoire du monastère de Conques : l'ermite Dadon, le fondateur de l'abbaye puis un abbé, la crosse à la main (Bégon sans doute) entraînant de l'autre l'empereur Charlemagne, bienfaiteur légendaire du monastère.

Mais celui-ci avait aussi beaucoup à se faire pardonner et les deux moines qui le suivent, l'un porteur d'un diptyque, l'autre d'un reliquaire posé sur une étoffe, présentent, en quelque sorte, les preuves de la générosité impériale envers le Trésor de sainte Foy.

Sainte Foy

Sur le triangle symétrique à gauche, des petites arcades évoquent l'église même de Conques, avec suspendues aux voûtes, les entraves que les prisonniers délivrés par la protection de sainte Foy offraient en ex-voto selon la coutume. À droite, sainte Foy est prosternée devant la main de Dieu, intercédant en faveur des défunts.

La Jérusalem céleste

Au centre de la Jérusalem céleste avec ses tours crénelées, ses colonnes et ses arcades, siège Abraham tenant dans ses bras deux enfants. Il est encadré de personnages groupés par paire sous chaque arcade : les vierges sages et leurs lampes, les martyrs et leurs palmes, les prophètes et le rouleau de parchemin, enfin les apôtres et le livre.

L'alignement monotone de ces élus traduit l'ordre et la sérénité qui règnent dans le paradis. À sa porte, un ange accueille les élus.

De l'autre côté d'une cloison, un démon hirsute, armé d'une massue, est chargé d'enfourner les damnés dans la gueule monstrueuse de l'enfer.

 

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LES SUPPLICES DE L’ENFER

  • À la paix céleste, le sculpteur a su opposer violemment le chaos et la confusion de l'enfer. Satan, le pendant d'Abraham, au centre du linteau de droite, préside aux supplices hallucinants de l'enfer.

  • Satan a les pieds posés sur le ventre d'un damné couché dans les flammes : le paresseux, dit-on. À ses côtés, tout un peuple hideux de démons s'emploie à châtier les auteurs des péchés capitaux, avec un plaisir évident

  • Un démon arrache la langue d'un petit personnage assis qui personnifie la Calomnie ou la Médisance.

  • Un diable bossu vient de s'emparer de la harpe d'un damné auquel il arrache la langue avec un crochet. Ce malheureux musicien et chanteur, représente probablement l'histrion, l'amuseur public, symbole de la vanité des plaisirs de ce monde.

  • Au-dessus des flammes, un homme est rôti à la broche par deux démons, dont l'un à tête de lièvre. Faut-il l'interpréter comme le supplice du braconnier ? Ou penser plus simplement que dans l'enfer, ce monde à l'envers, le chasseur est devenu la proie de son gibier ?

UN TYMPAN DIDACTIQUE ET POLYCHROME

Dans cet enfer, tout a été mis en œuvre pour inspirer la crainte à ceux qui ne savaient pas lire - ils constituaient la grande majorité de la population à l'époque - l'apostrophe gravée à la base du linteau :

O PECCATORES TRANSMUTETIS NISI MORES

JUDICIUM DURUM VOBIS SCITOTE FUTURUM

« Pécheurs, si vous ne réformez pas vos lois, sachez que vous subirez un jugement terrible ».

Comme pour mieux frapper les esprits, de vives couleurs dont il reste encore des traces importantes venaient rehausser les sculptures, avec une dominante bleue pour le paradis et rouge pour l'enfer.

Le tympan s'adresse à tous. On imagine fort bien les pèlerins sur le parvis en train d'en déchiffrer une à une les scènes. En effet pour beaucoup, l'art des églises représentait les seules images qu'ils aient la possibilité de contempler et le tympan de Conques s'adressait plus directement à l'âme populaire.

LES PETITS CURIEUX

LE TYMPAN DE CONQUES EN 3D